La Caisse de dépôt et mon REER
 
« Quelles sont les différences entre la Caisse de dépôt et placement du Québec qui affiche de bons résultats et mon REER ? » Il n’est pas rare d’entendre cette question de la part de certains épargnants. 

Après avoir comparé des résultats qui chevauchent les mêmes périodes historiques, il devient utile d’expliquer les différences et ressemblances entre les deux démarches.
 
L’un des portefeuilles gérés par la Caisse de dépôt est la Régie des rentes du Québec (RRQ). Dans notre province, le salarié moyen constate le prélèvement sur son talon de paie, lequel servira à remplacer jusqu’à 25% du revenu à la retraite.  Faits particuliers, on ne lui demandera pas comment la somme devrait être investie, aucun profil d’investisseur ne sera établi, aucun relevé détaillant les pourcentages en actions et en obligations ne sera même distribué.
 
Ainsi, le cotisant québécois serait bien surpris de constater qu’au  cours des vingt dernières années, la Caisse a réduit fortement la portion en obligations gouvernementales pour accroître celle des actions cotées sur les bourses mondiales et celle de l’immobilier commercial.  Également friand de placements garantis et sécuritaires, il serait étonné d’apprendre que la Caisse peut recourir à des placements privés et illiquides, donc plus difficiles à revendre, ainsi qu’à des produits alternatifs qu’un fonds d’investissement conventionnel n’a pas le droit d’utiliser. On peut aussi ajouter que les coûts de gestion de la Caisse de dépôt sont notablement diminués du fait qu’une lourde réglementation qui touche les fonds d’investissement lui est épargnée.
 
Une fois informé de cet état de choses, une question subséquente survient : « Pourquoi gère-t-on une partie de ma caisse de retraite d’une manière apparemment plus risquée  ? »
 
La Caisse de dépôt, comme la plupart des caisses de retraite bien gérées, répondrait ceci : « Parce que c’est nécessaire afin de procurer aux futurs retraités les prestations promises. Les obligations d’États ont déjà procuré un rendement annuel avoisinant ou dépassant un rendement cible de 6 à 7%. À notre époque, atteindre ces cibles nécessite de modifier profondément le contenu des portefeuilles. »
 
On peut en tirer une leçon de finance professionnelle. Une caisse de retraite fait vraiment ce qu’il faut et ne nous demande pas uniquement ce que l’on veut faire pour se sentir bien et confortable. Si ce n’est déjà fait, je recommande aux clients de bonifier la conversation en ce sens avec leur conseiller financier en y allant d’une question :
 
« À l’instar des grandes institutions, quelles sont les options à considérer si je veux sérieusement améliorer les rendements espérés de mon fonds de retraite ? »
 
 
Denis Julien
Conseiller en sécurité financière
Directeur du bureau régional de Lafond à Québec

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