La valeur marchande de la santé mentale


Avec plus de 30% de la population québécoise n’ayant pas accès à un médecin de famille ainsi qu’un écart moyen de 6 ans entre chaque suivi médical, les enjeux sont de taille lorsqu’il est question d’assurance maladie, qu’elle soit privée ou publique. Et alors que l’heure est à la crise quant à l’explosion des coûts de nouveaux médicaments, les troubles de santé mentale ne cessent d’occuper une position de plus en en plus déterminante sur l’échiquier de l’assurance collective. Les statistiques ne mentent pas, il n’y a jamais eu autant d’études sur le sujet et elles s’accordent toutes pour dire que le temps est venu de lever le voile sur cette problématique économique et sociale.
Selon un rapport rendu public par la commission de la santé mentale du Canada, la valeur des indemnisations ayant pour cause un problème de santé mentale en milieu de travail a augmenté de 700% au cours des 5 dernières années.

Dans son exposé portant sur les dépenses en santé pour l’année 2010, ESI Canada rapporte que celles reliées à la dépression ont augmentées de 7.2% dans la dernière année. À travers diverses études menées entre autre par Santé Canada et Desjardins Sécurité Financière, il est clair que les problèmes de santé mentale sont loin d’être inusités au sein des milieux professionnels.  Compte tenu de la situation, il est évident que pour un employeur, faire affaire avec une compagnie d’assurance qui propose des programmes concrets de prévention devient un atout inestimable. Au même titre qu’on le ferait pour prévenir les maladies cardiovasculaires ou le diabète, les compagnies se doivent d’offrir à leurs clients des moyens concrets et structurés afin de leur permettre d’assurer le bien-être psychologique de leurs employés. Le programme d’aide aux employés (PAE) en est un excellent exemple, facilitant l’accès à un soutien psychologique aux employés ainsi qu’à leur famille. L’élément clé demeure toutefois d’enrayer la stigmatisation des maladies mentales auprès des employeurs et des employés.

Touchant de 4 à 6% de la population canadienne à chaque année, la dépression peut être directement liée à notre environnement de travail ainsi qu’à notre capacité à concilier le travail et la vie personnelle. Lors d’une étude réalisée en 2006, près de 30% des québécois de 18 à 64 ans déclaraient  vivre avec un niveau de stress quotidien très élevé. Une statistique qui expliquerait entre autre le fait que la moyenne québécoise d’absentéisme au travail soit la 2e plus élevée au pays avec 9.3 jours par année par employé.

La situation est telle que selon santé Canada, près du tiers des demandes de prestations en invalidité sont directement attribuables à des problèmes de santé mentale. Ce qui représente des coûts annuels de 15 à 33 milliards.
Une enquête de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) en 2007 révèle que 43% des travailleurs ont été témoins d’au moins un collègue ayant souffert de problèmes de santé mentale. Également, 57% d’entres eux expliquent qu’aucune mesure spéciale n’ait été adoptée afin d’encadrer la personne atteinte.  De là, l’importance de former les gestionnaires d’entreprises afin qu’ils puissent être en mesure dans un premier temps de comprendre les différents problèmes de santé mentale et par la suite, guider leurs employés vers les bonnes ressources. Il est important pour les propriétaires d’entreprise de comprendre ce qui exerce une pression à la hausse sur les coûts de leur assurance collective. En étant conscients des enjeux, il devient alors possible pour eux d’adopter les mesures nécessaires afin d’avoir un meilleur contrôle des dépenses en plus de contribuer au bien-être de leurs employés.

Finalement, si l’on se rapporte au classement des 100 meilleurs employeurs au pays en 2006, 90 d’entres eux possédaient un programme de santé à même l’entreprise. Des chiffres qui démontrent que la prévention s’inscrit dans un prolongement du service des ressources humaines.

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