Légendes urbaines et vérités sur l'assurance vie

 Légendes urbaines et vérités sur l'assurance vie


Légendes urbaines et vérités sur l'assurance vie


En tant que planificateur financier, le volet de la planification successorale est habituellement abordé avec mes clients. En effet, cette question les préoccupe puisqu’ils soupçonnent un écart entre leur situation actuelle et celle qu’ils désirent. Bien souvent, cet écart est comblé par une solution d’assurance vie et une révision du testament.  

Toutefois, cette solution d’assurance vie sème régulièrement de la contrariété et de la résistance chez mes clients, dues à un manque de compréhension et de connaissances, mais aussi dues à des facteurs culturels qui redoutent encore aujourd’hui de parler d’enrichissement. Ces manifestations de résistance sont devenues pour moi une belle occasion d’aider les individus à développer leurs réflexes de création de valeur avec de l’assurance vie.  
Ce texte me permettra de  démystifier quelques-unes de ces déclarations en vous énonçant comment je les interprète généralement, et en y apportant mes corrections.  Je poursuivrai mon analyse dans un deuxième texte, qui sera diffusé dans l’infolettre Lafond de septembre 2013.

« L’ASSURANCE VIE, C’EST UNE DÉPENSE ! »


Ce que j’interprète :
Lorsqu’on est incorporé, il est essentiel de connaître et de comprendre l’effet multiplicateur du compte de dividende en capital (CDC) que procure l’assurance vie. Cette notion est capitale.
Les rectificationsInvestir des sommes discrétionnaires, qui sont « emprisonnées » dans une société de portefeuilles, dans un contrat d’assurance vie, a pour effet de diminuer vos impôts annuels sur les revenus de placements, de procurer un capital-décès progressif, de vous permettre de transmettre à la génération suivante des sommes encore plus importantes en franchise d’impôt, le tout via ce CDC. En effet, il est possible de transférer une partie du portefeuille de placements ou des épargnes annuelles de votre société de portefeuille dans un contrat d’assurance. Il s’agit ici de transférer ces sommes d’un environnement fiscal taxable à un environnement non taxable. En résumé, cette démarche fait augmenter le capital assuré de façon significative, en plus de maintenir un accès possible à ces sommes investies. N’eût été cette démarche, ces sommes auraient probablement été imposées au décès. Avec l’assurance, une majeure partie de ces sommes deviennent à près de 92 % à 95 % non taxables par l’entremise de ce CDC. À titre d’exemple, un homme de 50 ans qui transfère des sommes annuellement pendant 10 ans dans un tel contrat pourra transférer près de 3 fois plus d’argent à sa succession à 85 ans, tout en ayant à sa disposition ce portefeuille. Il s’agit aussi d’une excellente façon de diversifier ses classes d’actifs.
Par ailleurs, il est à noter qu’en 2014, le gouvernement fédéral abaissera probablement le plafond d’investissements dans ces contrats, ce qui en réduira les effets bénéfiques. La teneur exacte de cette réforme n’est pas encore connue, mais des discussions en vue de sa réalisation sont en cours.

« ON EST LE PEUPLE LE PLUS ASSURÉ AU MONDE. »


Ce que j’interprète :On considère ici l’assurance comme une dépense, et non comme un investissement qui vise à créer de la valeur et un patrimoine. On assimile donc l’assurance vie à l’assurance de nos biens matériels, ce qui est erroné. Il s’agit a priori de deux produits financiers distincts qui ne jouent pas du tout sur le même terrain.
Les rectifications
Cette affirmation est tout à fait vraie en ce qui concerne les dépenses des individus pour l’assurance de leur auto, de leur maison, de leurs biens personnels. Au Québec, les gens dépenseraient plus pour l’assurance de leurs biens personnels qu’ailleurs dans le monde. Pour l’assurance vie, c’est tout le contraire. Selon une analyse empirique, dans 95 % des interventions d’un planificateur financier, il manquera de liquidités successorales pour combler les besoins et objectifs exprimés par leurs clients. Il existe deux solutions pour éliminer ce déficit : réviser à la baisse les objectifs, ou combler le déficit avec... un contrat d’assurance-vie. Je le répète, dans 95 % des évaluations auxquelles je participe, il y a un déficit vis-à-vis des objectifs personnels énoncés, et, souvent, ce déficit est gigantesque. Mon rôle de planificateur financier est d’élever le niveau de conscience des gens par rapport à ce déficit afin qu’ils puissent détenir tous les éléments nécessaires pour pouvoir décider comment en tenir compte.

« QUAND J’AURAI 60 ANS ET QUE MES ENFANTS SERONT ASSEZ GRANDS, JE N’AURAI PLUS BESOIN D’ASSURANCE. »


Ce que j’interprète :Lorsque j’entends cette phrase, je me dis que la personne qui la formule tente de justifier pourquoi elle optera pour une protection temporaire plutôt que permanente. Il s’agit ici d’une belle occasion pour moi d’expliquer la possibilité de créer un patrimoine instantané avec un contrat d’assurance vie permanent. Encore une fois, pour le considérer comme un investissement à long terme, il faut l’intégrer dans un plan de vie, et faire abstraction d’une vision orientée sur la dépense encourue et le court terme.
Les rectificationsPremier constat à faire sur un produit permanent : le taux de rendement interne du déboursé est très positif (TRÈS!). Le seul moment où il le devient moins, c’est après 90 ans. Donc, considéré sous cet angle, ce n’est pas de l’argent perdu.  Si votre préoccupation réelle est de créer de la valeur, ce sera probablement le placement le plus payant de votre vie! Il est entendu qu’il faut avoir les moyens de ses intentions, c’est-à-dire être en mesure d’intégrer un dépôt permanent dans son budget.  Certaines familles fortunées ont compris comment fonctionne cette mécanique et n’hésitent aucunement à l’utiliser pour perpétuer leur patrimoine ou enrichir la génération suivante. Pendant ce processus, ils utilisent la portion résiduelle de leur patrimoine à d’autres fins, de telle sorte que cette pratique est complètement intégrée à la gestion des affaires familiales.  Voir les choses ainsi permet de considérer l’assurance comme un produit à rendement certain dont on ne connaît cependant pas l’échéance.
Récemment, je rencontrais un président de société publique dont le leitmotiv est la création de valeur. Il réussit très bien et l’entreprise qu’il gère est plus que profitable. Il s’est donc enrichi d’une façon importante, et je lui tire mon chapeau pour ses belles réalisations. Toutefois, il est d’avis que l’assurance vie est conçue pour des familles qui n’ont pas de moyens financiers. Cette perception est toute une barrière. Après avoir vendu une partie de ses actions, il a empoché une gigantesque somme d’argent après impôts, et a, dès lors, manifesté le désir de la conserver pour ses enfants, à son décès notamment. Je lui ai alors demandé s’il trouvait intéressante l'idée de consacrer un dixième de cette somme pour l’investir dans un contrat d’assurance qui multiplierait par 10 le résultat successoral (capital-décès) de ladite somme, et de s’amuser avec les 90 % restants en investissant ou en prenant soin de sa Fondation préférée…  Je lui ai aussi demandé : « Saviez-vous qu’il existe toutes sortes de façons d’organiser des dons planifiés, fiscalement intéressants, avec un tel produit? »  Cette question ne l’a pas laissé indifférent.
En conclusion, il faut prendre conscience que le jour de notre décès, notre patrimoine continuera à vivre et d’être géré parce qu’il est assujetti à toutes sortes d’embûches de taille, comme l’impôt.
Enfin, au-delà de la rentabilité financière et fiscale que peut représenter l’assurance vie, il faut toujours connaître concrètement à quel besoin ce produit financier répondra et l’intégrer adéquatement à sa planification successorale. On dit toujours que derrière tout contrat d’assurance vie se cachent une ou des personnes aimées dont on veut le bien et le confort. Il peut s’agir également d’une œuvre de charité qui œuvre pour une cause qui nous est chère.
Luc Rodrigue, Pl. Fin.Conseiller en sécurité financièreLafond Service Financier

La famille


Il s’agit parfois d’un aspect conflictuel important parce que, d’une part, la famille constitue le premier bassin de recrutement pour la succession au sommet, et d’autre part, parce que les intérêts et objectifs des membres de la famille peuvent être divergents.
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