Quelques trucs afin de réduire les pertes réalisées par les régimes privés d’assurance médicaments.

Trucs pour réduire les pertes réalisées par les régimes d'assurance

Une étude réalisée par Express Script Canada, l’un des gestionnaires de régimes médicaments les plus importants au Canada, révèle qu’en 2012, les canadiens ont gaspillé le tiers de leurs dépenses au niveau des médicaments.



Comment cela est-il possible ?

Plusieurs facteurs peuvent être mis en cause, afin d’expliquer cette situation peu reluisante. Dans un contexte où l’ensemble des gestionnaires de régimes privés s’affère à mettre en place des stratégies de contrôle de coûts, il semblerait qu’une bonne portion du problème soit simplement communicationnelle.


Une marge importante entre ce que les assurés veulent et les gestes qu’ils posent

Les données recueillies par Express Script Canada révèlent que la très grande majorité des patients veulent exactement la même chose que les gestionnaires de régimes : les choix de traitements les plus efficaces et les moins coûteux possible. Alors, pourquoi les adhérents ne font pas les bons choix à la pharmacie? Et bien, faute d’informations, il est normal que ces derniers ne puissent évaluer pleinement leurs options et l’impact réel de leurs choix, lorsqu’ils achètent leurs médicaments !

Voici les trois facteurs exerçant une pression à la hausse sur le coût des médicaments, répertoriés dans le rapport d’Express Scripts Canada :


1. Le canal de distribution des médicaments

L’expression «canal de distribution» fait référence à la manière avec laquelle les assurés se procurent leurs médicaments. Plus spécifiquement, la fréquence de renouvellement des ordonnances, qui peut avoir un impact important sur la facture annuelle des soins de santé au sein d’un groupe. La mauvaise gestion des délais de renouvellement peut occasionner des coûts supplémentaires importants et surtout inutiles, n’offrant aucun avantage thérapeutique pour le patient.


Comment le délai de renouvellement d’une ordonnance peut influer sur les coûts d’un régime d’assurance médicaments ?

D’une part, lorsqu’un assuré prend un même médicament pour une période prolongée et renouvèle sa prescription à chaque mois. Il est important de savoir que lorsqu’un médicament est préparé en pharmacie, des frais d’exécution d’ordonnance sont chargés. Il devient donc avantageux de renouveler ses prescriptions moins souvent, lorsque c’est possible, comme c’est le cas avec les médicaments d’entretien.


Les médicaments d’entretien

Ce type de médicaments regroupe des traitements utilisés sur une plus longue période, contrairement par exemple, à un antibiotique ou à un analgésique. Ils sont bien souvent prescrits pour des affections que l’on dit chroniques, comme l’hypertension ou le diabète. Pour ce type de médication, les assureurs offrent généralement la possibilité de se procurer une provision pour une période plus grande que les 30 jours réguliers (environ 100 jours). Un assuré peut donc du même coup économiser temps et argent, en allant moins souvent à la pharmacie! D’autre part, la situation inverse est également possible. En effet, si l’on prend un nouveau médicament ou un nouveau dosage, le renouvellement prolongé ne doit pas s’appliquer en début de traitement. En effet, il ne faut pas faire l’erreur de se procurer une provision pour une longue période, avant de savoir si ce dernier convient. Une situation qui pourrait occasionner des dépenses vaines, autant pour l’assuré que pour le régime.


2. Les mauvais choix thérapeutiques

Cette situation se présente lorsqu’un assuré consomme un médicament plus coûteux, qui n’offre aucun avantage thérapeutique, vis-à-vis un équivalent moins cher. Il s’agit d’ailleurs selon le rapport d’Express Scripts Canada, du créneau de pertes le plus important, en matière de médicaments.


Un médicament d’origine pour un autre

Avec la montée des médicaments génériques, une tendance a pu être observée au niveau de la substitution d’une ordonnance à la faveur d’une autre. Ainsi, lorsqu’un brevet arrive à échéance, on peut voir une recrudescence des prescriptions d’un médicament équivalent à celui-ci, mais pour lequel le brevet n’est pas expiré. Pourquoi ? Simplement pour éviter de consommer la forme générique d’un médicament, si par exemple une clause de substitution générique est en vigueur au sein d’un groupe. On doit ce genre de pratique au manque d’informations concernant l’innocuité et l’efficacité des médicaments génériques, en plus des économies substantielles qu’ils peuvent engendrer.



La substitution thérapeutique

Une autre problématique concerne l’échelle de prix des médicaments au sein d’une même classe thérapeutique, qui regroupe l’ensemble des médicaments attribuables à une même condition. Équivalent au niveau thérapeutique, ils ne le sont toutefois pas au niveau du prix. Comme vous pourrez le constater avec le graphique ci-dessous, les prix varient grandement d’un médicament à l’autre. Justement, afin d’éviter des dépenses superflues, l’ensemble des provinces canadiennes (sauf l’Ontario et le Québec) appliquent une clause de substitution thérapeutique.
Qu’est-ce que cela implique ?

C’est simplement qu’au lieu de rembourser n’importe quel médicament au sein d’une même classe thérapeutique, l’assureur couvre d’emblée, le médicament le moins cher. Par la suite, si le traitement ne fonctionne pas, l’assureur couvrira au fur et à mesure, les autres médicaments plus coûteux au sein de cette classe.

Par exemple, en se basant sur le graphique ci-dessous, avec la clause de substitution thérapeutique, un assuré ayant de l’hypercholestérolémie devrait essayer en premier l’Apo-Atorvastatin soit, le médicament le moins coûteux de la classe des Statines. Toutefois, si sa condition médicale le requiert, il pourrait éventuellement poursuivre avec le Lipidil ou par la suite le Lipitor, etc.
Échelle de coûts


3. La non-observance thérapeutique

Un autre problème notable en ce qui a trait au gaspillage vient du fait que bon nombre de patients ne respectent pas les directives du médecin et/ou du pharmacien. Quand un patient n’applique pas les conseils liés à la prise de ses médicaments, non seulement ces derniers seront moins efficaces, mais son état de santé pourrait se dégrader. L’étude réalisée par Express Scripts Canada permet d’estimer qu’au Canada, près de 30 % des assurés souffrant d’hypertension et d’hypercholestérolémie, n’adhèrent pas entièrement à leurs traitements. Du côté des assurés atteints par le diabète, la proportion de non-observance thérapeutique grimpe à 35 %.


Passer le mot…

Bon nombre d’idées préconçues font office de vérités dans l’esprit des gens lorsqu’on parle de médicaments…
«Mes médicaments ne me coûtent rien, c’est mon assureur qui paye»
«Les médicaments innovateurs sont plus chers, mais ils sont meilleurs»
Par contre, à la lumière des données recueillies dans l’étude d’Express Scripts Canada, on comprend qu’il faut amener les assurés à penser en termes de valeur par rapport à leurs médicaments. L’éducation et le partage de l’information demeurent au cœur de toute stratégie de réduction de coûts. En ayant un portrait global et surtout réel de leur protection d’assurance médicaments, les assurés auraient la possibilité de faire un choix éclairé en matière de santé physique et financière.

Chanelle Cartier
Analyste aux comptes collectifs
Conseillère en régimes d’assurance collective
Lafond Avantages sociaux et actuariat

S'implanter à l'étranger


Relever ce défi est une opportunité de croissance très intéressante pour une entreprise désireuse de se développer et de croître, pour autant que nous soyons conscients des Lire la suite